La main contre la machine ? Pas si vite.

D’un côté, des mains, des sécateurs et des grappes récoltées une à une. De l’autre, une machine qui avance entre les rangs alors que le jour se lève à peine.

Deux images très différentes des vendanges. Et pourtant, chez nous, les deux font partie du paysage.

Alors pourquoi certaines parcelles sont-elles vendangées à la main et d’autres à la machine ? Et surtout : est-ce que l’une est forcément meilleure que l’autre ?

Spoiler : ce serait un peu trop simple.

À la machine : pendant que certains dorment encore… 

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La première différence est facile à voir : ça va vite. Beaucoup plus vite.

Et pendant les vendanges, ce n’est pas qu’une question de rendement. Le raisin ne consulte pas notre planning avant d’arriver à maturité : lorsqu’une parcelle est prête, la machine permet d’intervenir rapidement, au bon moment.

Elle offre aussi davantage de souplesse dans les horaires, notamment pour vendanger très tôt ou la nuit, lorsque les températures sont plus fraîches — un atout pour limiter les phénomènes d’oxydation.

Et contrairement à une idée reçue, machine ne veut pas dire automatiquement moins bonne qualité. Réglages, vitesse de passage, état du raisin et acheminement rapide jusqu’à la cave : tout compte.

La machine ne sert donc pas seulement à aller plus vite.

Elle permet surtout d’être réactif quand le raisin est prêt.

À la main : grappe après grappe

 Ici, changement de rythme. Les grappes sont coupées une à une, ce qui permet une première sélection directement dans la parcelle.

Pour certaines de nos vendanges manuelles, nous utilisons également des cagettes. Elles limitent l’écrasement des raisins pendant la récolte et le transport, donc la libération prématurée de jus et son exposition à l’air. L’objectif : faire arriver les raisins le plus intacts possible jusqu’à la cave.

C’est notamment essentiel lorsque l’on souhaite travailler avec des grappes entières, comme pour certaines vinifications.

Mais la main a aussi ses contraintes

Cette précision demande du temps… et du monde.

La vendange manuelle nécessite davantage de main-d’œuvre et avance beaucoup moins vite que la machine. Or aujourd’hui, il faut composer avec des fenêtres de récolte parfois courtes, des températures élevées et des équipes saisonnières qu’il n’est pas toujours facile de constituer.

Avec des vendanges qui tendent à être plus précoces sous l’effet du changement climatique, pouvoir récolter rapidement devient aussi un enjeu. Et lorsqu’il fait très chaud, travailler tôt ou aux heures les plus fraîches protège également les équipes.

C’est là que la machine prend tout son sens : elle permet d’être beaucoup plus réactif lorsque le raisin est prêt.

Alors, qui gagne ?

Personne. Et c’est justement le sujet.

La vendange manuelle nous permet d’aller plus loin dans la sélection et la préservation du raisin lorsque nous le recherchons. La vendange mécanique nous apporte rapidité, souplesse et réactivité.

Chez nous, les deux coexistent, parce que le choix dépend de la parcelle, du raisin et du vin que nous voulons élaborer.

La main ou la machine ?

Le bon choix, c’est surtout le bon outil, au bon endroit et au bon moment.

Deux cuvées, trois étoiles : le Guide Hachette 2027 a rendu son verdict

On ne va pas faire semblant d’être blasés.

Deux de nos cuvées font leur entrée dans le Guide Hachette des Vins 2027. Et elles y décrochent trois étoiles à elles deux.

 

Cette année, Saint-Marcellin 2024 obtient 2 étoiles et L’Empreinte blanc 2025, 1 étoile. Deux vins du Minervois, deux profils très différents… et une jolie reconnaissance pour le travail de nos vignerons et de notre équipe en cave.

 ⭐⭐Saint-Marcellin 2024

Le Guide le décrit comme « un Minervois complet ».

Il souligne notamment son nez intense et complexe, autour du kirsch, de la figue et des épices douces, ainsi que sa bouche suave et vanillée.

Autrement dit, notre Saint-Marcellin s’est plutôt bien défendu devant le jury.

⭐L’Empreinte blanc 2025

Pour L’Empreinte, le Guide salue notamment la justesse de son élevage en fût, avec un nez mêlant brioche, vanille, mangue et citron, puis une bouche ronde, charnue et persistante.

Et lui réserve une formule qu’on aime particulièrement : « un blanc du Sud sans mollesse ».

On aurait pu vous dire nous-mêmes qu’on les aimait beaucoup.

Mais visiblement, on n’est pas les seuls.

Saint-Marcellin 2024 et L’Empreinte blanc 2025 sont à retrouver au caveau.

Le Guide a donné ses étoiles. À vous de donner votre avis. 

Vendanges 2026 : tout a commencé avec 800 mm de pluie

Les dernières bennes arrivent au Cellier. Si tout se déroule comme prévu, les vendanges 2026 s’achèveront demain. Après plusieurs semaines au rythme des raisins qui entrent en cave, le moment est plutôt bien choisi pour regarder dans le rétroviseur.

On pourrait croire que les vendanges commencent le jour où les premières bennes arrivent au Cellier.

En réalité, celles de 2026 ont commencé bien avant.

Beaucoup d’eau. Puis presque plus.

À l’automne et durant l’hiver 2025-2026, il est tombé 800 mm de pluie à Laure, au lieu-dit Jofre. Une pluviométrie historique qui a constitué une réserve précieuse pour la vigne. Et elle allait en avoir besoin.

Après cet hiver particulièrement pluvieux, changement de décor : un printemps sec, suivi d’un été caniculaire.

Moins de pluie, moins de maladies

La météo sèche du printemps et de l’été a également eu un autre effet : elle a été peu favorable au développement de deux maladies bien connues des vignerons, le mildiou et l’oïdium.

Les viticulteurs ont ainsi pu limiter les traitements et intervenir uniquement lorsque cela était nécessaire, dans une logique de conduite raisonnée du vignoble.

Mais qui dit moins de pluie ne dit pas moins de travail.

Un cycle qui s’accélère, des vignerons qui suivent

Cette année, la vigne n’a pas vraiment traîné. Les conditions de 2026 ont significativement raccourci son cycle végétatif. Et quand la vigne accélère, les vignerons doivent suivre.

Palissage, ébourgeonnage et autres travaux du vignoble se sont retrouvés concentrés sur des périodes plus courtes et particulièrement intenses.

Puis est arrivée la chaleur. Et là, toutes les vignes n’ont pas réagi de la même manière.

Sous la vigne, tout se joue aussi dans le sol

C’est probablement l’une des choses les moins visibles lorsqu’on traverse notre vignoble. Deux parcelles peuvent sembler proches et pourtant ne pas vivre le même été.

Les terres dites « fortes », riches en argile, ont montré une bonne, voire très bonne résistance à la sécheresse. Leur capacité à retenir l’eau puis à la restituer progressivement a permis d’alimenter les vignes pendant les différents épisodes de canicule.

À l’inverse, les sols plus filtrants, notamment ceux présentant davantage de schistes, de calcaire dur ou une faible réserve utile lorsque la roche mère est proche de la surface, ont souffert plus tôt du manque d’eau.

Autrement dit, quand la pluie s’arrête et que la chaleur s’installe, ce qui se passe sous nos pieds devient déterminant. Et le sol n’est pas le seul à compter.

L’âge aussi a ses avantages

Face à la sécheresse, les vieilles parcelles ont souvent un atout sous leurs pieds : un enracinement installé depuis de nombreuses années.

Des racines mieux établies, associées au savoir-faire des vignerons qui connaissent leurs parcelles et adaptent leur travail aux conditions de l’année ont aidé ces vignes à mieux résister.

Les jeunes plantations, elles n’ont pas encore totalement développé leur système racinaire. Elles peuvent donc être plus vulnérables, notamment lorsqu’une mise à fruit trop précoce vient freiner leur enracinement.

Voilà pourquoi parler d’une vendange 2026 au singulier cache finalement une réalité beaucoup plus nuancée. Selon le sol, le cépage, l’âge de la parcelle et son enracinement, la même année ne raconte pas exactement la même histoire partout.

Ce que racontent vraiment les vendanges 2026

Et au bout de tout ça : les vendanges.

Un automne et un hiver historiquement pluvieux. Un printemps sec. Un été caniculaire. Un cycle végétatif raccourci. Des sols et des parcelles qui n’ont pas tous réagi de la même façon.

Et, pendant tout ce temps, des vignerons qui observent, interviennent et s’adaptent.

Aujourd’hui, les dernières bennes arrivent au Cellier et les vendanges 2026 touchent à leur fin.

Elles marquent l’aboutissement de quelques semaines de récolte, bien sûr. Mais surtout de tout ce qui s’est passé avant : la pluie tombée plusieurs mois plus tôt, l’eau que certains sols ont réussi à conserver, la profondeur des racines, les épisodes de chaleur, les travaux qui se sont enchaînés plus rapidement, et les décisions prises, parcelle après parcelle, par nos vignerons.

Parce qu’au fond, une vendange ne se joue pas uniquement au moment de couper le raisin. Elle se construit pendant toute une année.

Et lorsque la dernière benne sera rentrée, une autre étape aura déjà commencé.

Dans les vignes, les vendanges s’achèvent. En cave, le millésime 2026 commence à s’écrire.