Les dernières bennes arrivent au Cellier. Si tout se déroule comme prévu, les vendanges 2026 s’achèveront demain. Après plusieurs semaines au rythme des raisins qui entrent en cave, le moment est plutôt bien choisi pour regarder dans le rétroviseur.
On pourrait croire que les vendanges commencent le jour où les premières bennes arrivent au Cellier.
En réalité, celles de 2026 ont commencé bien avant.
Beaucoup d’eau. Puis presque plus.
À l’automne et durant l’hiver 2025-2026, il est tombé 800 mm de pluie à Laure, au lieu-dit Jofre. Une pluviométrie historique qui a constitué une réserve précieuse pour la vigne. Et elle allait en avoir besoin.
Après cet hiver particulièrement pluvieux, changement de décor : un printemps sec, suivi d’un été caniculaire.



Moins de pluie, moins de maladies
La météo sèche du printemps et de l’été a également eu un autre effet : elle a été peu favorable au développement de deux maladies bien connues des vignerons, le mildiou et l’oïdium.
Les viticulteurs ont ainsi pu limiter les traitements et intervenir uniquement lorsque cela était nécessaire, dans une logique de conduite raisonnée du vignoble.
Mais qui dit moins de pluie ne dit pas moins de travail.
Un cycle qui s’accélère, des vignerons qui suivent
Cette année, la vigne n’a pas vraiment traîné. Les conditions de 2026 ont significativement raccourci son cycle végétatif. Et quand la vigne accélère, les vignerons doivent suivre.
Palissage, ébourgeonnage et autres travaux du vignoble se sont retrouvés concentrés sur des périodes plus courtes et particulièrement intenses.
Puis est arrivée la chaleur. Et là, toutes les vignes n’ont pas réagi de la même manière.
Sous la vigne, tout se joue aussi dans le sol
C’est probablement l’une des choses les moins visibles lorsqu’on traverse notre vignoble. Deux parcelles peuvent sembler proches et pourtant ne pas vivre le même été.
Les terres dites « fortes », riches en argile, ont montré une bonne, voire très bonne résistance à la sécheresse. Leur capacité à retenir l’eau puis à la restituer progressivement a permis d’alimenter les vignes pendant les différents épisodes de canicule.
À l’inverse, les sols plus filtrants, notamment ceux présentant davantage de schistes, de calcaire dur ou une faible réserve utile lorsque la roche mère est proche de la surface, ont souffert plus tôt du manque d’eau.
Autrement dit, quand la pluie s’arrête et que la chaleur s’installe, ce qui se passe sous nos pieds devient déterminant. Et le sol n’est pas le seul à compter.
L’âge aussi a ses avantages
Face à la sécheresse, les vieilles parcelles ont souvent un atout sous leurs pieds : un enracinement installé depuis de nombreuses années.
Des racines mieux établies, associées au savoir-faire des vignerons qui connaissent leurs parcelles et adaptent leur travail aux conditions de l’année ont aidé ces vignes à mieux résister.
Les jeunes plantations, elles n’ont pas encore totalement développé leur système racinaire. Elles peuvent donc être plus vulnérables, notamment lorsqu’une mise à fruit trop précoce vient freiner leur enracinement.
Voilà pourquoi parler d’une vendange 2026 au singulier cache finalement une réalité beaucoup plus nuancée. Selon le sol, le cépage, l’âge de la parcelle et son enracinement, la même année ne raconte pas exactement la même histoire partout.
Ce que racontent vraiment les vendanges 2026
Et au bout de tout ça : les vendanges.
Un automne et un hiver historiquement pluvieux. Un printemps sec. Un été caniculaire. Un cycle végétatif raccourci. Des sols et des parcelles qui n’ont pas tous réagi de la même façon.
Et, pendant tout ce temps, des vignerons qui observent, interviennent et s’adaptent.
Aujourd’hui, les dernières bennes arrivent au Cellier et les vendanges 2026 touchent à leur fin.
Elles marquent l’aboutissement de quelques semaines de récolte, bien sûr. Mais surtout de tout ce qui s’est passé avant : la pluie tombée plusieurs mois plus tôt, l’eau que certains sols ont réussi à conserver, la profondeur des racines, les épisodes de chaleur, les travaux qui se sont enchaînés plus rapidement, et les décisions prises, parcelle après parcelle, par nos vignerons.
Parce qu’au fond, une vendange ne se joue pas uniquement au moment de couper le raisin. Elle se construit pendant toute une année.
Et lorsque la dernière benne sera rentrée, une autre étape aura déjà commencé.
Dans les vignes, les vendanges s’achèvent. En cave, le millésime 2026 commence à s’écrire.






